Témoignages

Ces témoignages ont été relevés en 2011, donc bien avant la validation finale des guides techniques. Ils montrent le cheminement du travail amont effectué par les experts iNSPIRE.

Témoignage de Fréderic Brönnimann, Facilitateur du groupe « Services d’utilité publique et services publics »

Le thème comprend les installations d’utilité publique, tels que les égouts ou les réseaux et installations liés à la gestion des déchets, à l’approvisionnement énergétique, à l’approvisionnement en eau, ainsi que les services administratifs et sociaux publics, tels que les administrations publiques, les sites de la protection civile, les écoles et les hôpitaux.

Réunion des 9 experts du Thematic Working Group à Gand (Belgique) en mars 2011

Dès le second mois, la séparation du thème en 3 classes s’est imposée et l’équipe s’est repartie sur 3 sous-groupes quasi-autonomes.

Néanmoins, les classes d’objets ont en commun :

– Une instanciation physique relative (à un autre objet INSPIRE existant ou à une géométrie qui lui est propre)
– Une nature (type de service)
– Des acteurs impliqués dans le service selon un rôle spécifique

Chacun des 3 sous-groupes s’est consacré à un des sous-thèmes :

a) 2 experts ont plus particulièrement travaillé sur les « réseaux d’utilité publique »« services publics » : écoles, musées, hôpitaux, gendarmeries, campings, etc : 4 experts ont travaillé sur cette partie.

Il y a une seule classe d’objet « service public », avec des champs descriptifs appropriés selon sa nature (infrastructures scolaires, de santé, de sécurité – pompiers, etc.), Un champ « ressources » laisse à l’utilisateur du modèle toute liberté de saisie de ses informations. Exemple pour les hôpitaux (nombre de lits, de médecins, disponibilité d’équipements spécifiques – scanner, IRM, etc.).

Une harmonisation était à trouver pour la v3.0 (version définitive) avec le groupe de travail « Bâtiments », dont le modèle précise aussi la vocation des bâtiments, y compris les « services publics ». D’autant qu’il est difficile de répartir une pharmacie ou une poste entre les classes « service public » et « commerce ».

c) 3 experts se sont penchés sur la « gestion des déchets », dont un était point de contact au Centre Commun de Recherche du groupe thématique, qui a aussi été longtemps Facilitateur du groupe de travail « Installations agricoles et aquacole » et Éditeur du groupe « Lieux de production et sites industriel ».

Ce dénominateur commun va permettre d’appréhender une approche commune des sites à caractère technique, spécifiques par leurs processus tantôt industriels, agricoles ou environnementaux.

Le concept de « Facility » a donc été développé avec ces 3 groupes thématiques intégré depuis dans le Modèle Conceptuel Générique.
Exemple : Une entreprise peut-être répartie sur plusieurs sites, ou un site peut mettre en œuvre différents processus techniques (décantation, ionisation, filtrage, pompage).

Témoignage de Dominique Laurent, Facilitatrice du groupe de travail « Bâtiments »

Ordre des opérations
– Le CCR a lancé une enquête relative aux cas d’utilisation auprès des SDIC/LMO. La liste de ces cas d’utilisation a été transmise aux équipes thématiques.
– Les membres du groupe de travail thématique se sont répartis les enquêtes après les premières réunions. Ils ont proposé d’autres cas d’utilisation à l’échelon national.
– À partir d’un questionnaire standard, les besoins utilisateurs sont recueillis, le plus souvent par téléphone.
– Les résultats de ces enquêtes identifient les classes d’objets et les attributs nécessaires, la qualité désirée, la représentation géométrique souhaitée.

Schéma de la procédure

Pour constituer la première version du guide, le groupe de travail sur le bâti a suivi la méthodologie recommandée par INSPIRE et résumée par le schéma ci-contre.

Cas d’utilisation

L’équipe thématique a identifié 4 cas d’utilisation principaux (sécurité (risques), expansion urbaine, environnement, services publics) et 2 cas d’utilisation transversaux (statistiques, information du public).


Ci-contre :
Thermographie de façades
(Communauté urbaine de Bordeaux)

Exemples de sujets d’enquêtes qui ont été menées :
Cas d’utilisation « Environnement » :
– Études des bruits (STB) ;
– Identification des maisons pour l’installation de panneaux solaires (EDF) ;
– Thermographie des toits et de façades (CUB – MATIS) ;
– Étude sur la salubrité de l’habitat (Institut national de veille sanitaire) ;
– Étude sur le transport durable (non polluant), (CERTU).

Cas d’utilisation « Sécurité » :
– Sécurité en mer ;
– Cartographie des obstacles aériens ;
– Possibilités d’atterrissage des ballons atmosphériques (CNES) ;
– Risques des bâtiments (MEEDDM) :
– Sources de risques : centrales nucléaires, silos ;
– Objets de risques : biens et personnes ;
– Ressources : pompiers, mairies, gymnases ;
– Points stratégiques : ponts, et tunnels, centre de traitement des eaux.
Le bâti peut aussi servir pour constituer des zones urbaines sur le thème occupation des sols : il peut donc être étudié en tant que ressource pour d’autres groupes de travail.

Standards
Les standards et normes existants relatifs au thème Bâtiment ont été identifiés. Il s’agit le plus souvent de glossaires, par exemple :
– DFDD Dictionnaire de données de la communauté militaire ;
– Normes de construction des bâtiments.

Des normes contiennent des modèles de données : la norme City GML propose une modélisation 3D des bâtiments, basée sur les concepts de l’ISO et de l’OGC.

Témoignage de Florian Thomas, Éditeur du thème « Zone à risques naturels »

(éditeur : chargé d’écrire la modélisation UML des spécifications décidées)

Périmètre du thème « Zone à risques naturels » défini dans la directive INSPIRE :

Zones sensibles caractérisées en fonction des risques naturels (tous les phénomènes atmosphériques, hydrologiques, sismiques, volcaniques, ainsi que les feux de friche qui peuvent, en raison de leur situation, de leur gravité et de leur fréquence, nuire gravement à la société), tels qu’inondations, glissements et affaissements de terrain, avalanches, incendies de forêts, tremblements de terre et éruptions volcaniques.

Ce thème ne traite pas les risques industriels (pollutions des eaux, nucléaire).



Sur les 10 personnes sélectionnées pour ce groupe de travail, 2 experts contribuent en parallèle à des travaux européens sur les risques naturels :
– Un expert participe à la mise au point de la Directive Inondation;
– Un expert participe au projet européen Plan4all qui a pour objectif d’harmoniser les données de planification spatiale, (dont les risques naturels).

4 concepts clés ont été mis en évidence :
– L’aléa (évènements naturels) ;
– Les éléments exposés ;
– La vulnérabilité qu’a un élément par rapport à un risque naturel d’un type et d’une intensité donnée, risque qui est défini lorsque coexistent sur une même zone un aléa et un élément potentiellement exposé à cet aléa.
– Ces données sont utilisées par une grande variété d’acteurs : les aménageurs du territoire (collectivité et organisme dépendant de l’État), des compagnies privées (assurances), ainsi que le grand public, les citoyens.

Vu l’absence d’une nomenclature des risques naturels partagée au niveau international, et au regard de la complexité des différentes thématiques, il a été décidé de travailler sur la définition d’un modèle de données générique à tous les risques naturels, et non pas de spécifier un modèle pour chacun des risques.

Le groupe de travail propose donc des modèles basés sur les « zones d’aléa, les « zones à risque » et des « éléments exposés ».

Zones d’aléa et zones à risque portent chacune, entre autres, 1’attribut précisant :
– Le type d’aléa / de risque (avec un champ obligatoire comprenant une valeur à choisir parmi 15 dénominations, et un champ libre optionnel permettant de fournir plus de précisions) ;
– Le niveau d’aléa / de risque.
Un « élément exposé » porte une valeur de vulnérabilité qui dépend du risque.

3 modèles sont proposés : 2 modèles génériques, ainsi qu’un modèle dérivé à titre d’exemple :
– 1 modèle générique pour les données vectorielles ;
– 1 modèle générique pour les données raster modélisées à partir de la norme ISO 19123 sur les coverage (fonction qui associe des données à une emprise)
exemple : une prévision du risque « feu de forêt » sur l’ensemble de la France ;
– Une spécialisation du modèle générique vecteur pour le risque « inondation ».


Une vingtaine de téléconférences d’une heure ont permis à ce groupe de travail de réunir les résultats de leurs enquêtes et de se mettre d’accord autour du modèle qui sera présenté. 4 rencontres à Ispra, Paris et Barcelone leur ont permis d’argumenter plus profondément leurs points de vue et d’harmoniser leurs décisions.

Témoignage de Pierre-Yves Curtinot, Éditeur du groupe de travail « Ortho-Imagerie »


Thème INSPIRE Orthoimage : « Images géoréférencées de la surface terrestre, provenant de satellites ou de capteurs aéroportés. »
Cette définition qui est inscrite dans la directive INSPIRE, a été complétée par une description plus précise qui rend compte du caractère « géométriquement rectifié » des orthoimages.

En pratique, une orthoimage est une image raster redressée à laquelle sont associées des données de géoréférencement (projection cartographique, emprise, résolution). De fait, c’est une image superposable à une carte topographique.

Le modèle conceptuel générique sert de guide, comme pour tous les groupes travaillant sur les thèmes des annexes II et III. Des recommandations spécifiques étaient connues dès le départ :
– Modélisation unique souhaitée (modèle commun aux données aeroportées ou spatiales)
– Maintien de la possibilité de livrer les données sur des supports classiques
– Forte demande d’une description des lignes de mosaïquage afin de connaître précisément la date d’acquisition de chaque pixel d’une mosaïque d’images

Le thème présente quelques spécificités liées au format Raster des données :
– La modélisation porte sur le résultat direct d’une observation de la surface terrestre (image) et non pas sur son contenu sémantique. Une orthoimage dépeint des phénomènes du monde réel mais ne les interprète pas.
– L’interopérabilité des données raster est limitée par le cadre contraignant imposé par l’emploi de grilles régulières
– Le poids important des données est un élément déterminant dans la définition de l’encodage des images

Le groupe est constitué essentiellement de spécialistes de l’Orthophoto aérienne qui ont su rapidement créer un premier modèle homogène à partir de l’existant.

L’imagerie spatiale est représentée par une seule personne (de l’ESA). Mais ce métier est proche malgré des habitudes différentes tant sur la gestion des métadonnées, l’accession aux données que par le vocabulaire utilisé.

Une réunion initiale a été organisée le 28 janvier 2011 à Frascati (Italie) entre le groupe de travail orthoimagerie, l’ESA, le CNES et un membre actif de l’OGC a permis certaines mises aux points sur :
– L’apparente complexité du modèle (unique pour les deux types d’images)
– La compatibilité avec le futur standard « Earth Observation metadata profile » de l’OGC utilisé par le CNES et les représentants de l’ESA – standard qui pose des problèmes de cohérence avec ISO 19115 (métadonnées)
– La compatibilité avec le standard WCS 2.0 (Web Coverage service) de l’OGC qui définit des services de téléchargement de données de type coverage

Coverage : fonction qui associe des données attributaires (range) à une emprise géographique (« domain »)
– Exemple pour l’Ortho : image raster qui associe des valeurs radiométriques aux nœuds d’une grille régulière (pixels)
– Exemple pour les Sols : données vecteur qui associent à des zones géographiques un type de sol

Les guides techniques INSPIRE sur les services réseaux ne mentionnent pas WCS 2.0, qui est un standard OGC adopté en août 2010. Il est toutefois prévu qu’elle soit amendée afin d’intégrer ce service qui est aujourd’hui incontournable pour manipuler des données de type coverage.

La réunion de Frascati a été l’occasion pour Peter Baumann, universitaire et co-éditeur de WCS à l’OGC, de signaler que le modèle de données ne devait pas refléter la répartition des données entre fichiers, comme c’est le cas dans la version 1 des spécifications. Ce découpage arbitraire, qui n’a d’autre objectif que de faciliter la diffusion et la manipulation des données, doit rester transparent pour l’utilisateur. Sa prise en compte à un niveau conceptuel ne pourrait qu’empêcher un fonctionnement optimal de WCS.

Ce point a depuis entrainé une réorientation du travail du groupe : le découpage (dallage) des orthoimages sera décrit au niveau de l’encodage des données par un mécanisme qui reste encore à définir en collaboration avec l’OGC.

Le premier Modèle tenait compte du découpage « physique » de l’orthoimage. Le Modèle envisagé ne modélise que l’entité « logique » orthoimage

[à gauche] L’extraction d’une zone couvrant plusieurs dalles constitue une opération complexe réclamant les services d’un serveur « intelligent » : les dalles doivent être récupérées une à une avant d’être assemblées au sein d’une unique coverage.

[à droite] Une seule requête atomique WCS est nécessaire (GetCoverage) pour extraire la même zone.

Témoignage de Dimitri Sarafinof, Éditeur du groupe de travail « Occupation du sol »

Définition du thème : (à différencier du thème usage des sols)

C’est une abstraction de la couverture physique et biophysique de la surface de la terre.
– Les objets géographiques ne sont pas représentés en tant que tel (arbres, bâtiments, routes,…).
– C’est une problématique différente de celle de l’utilisation ou de l’usage du sol.

La méthodologie suivie est celle décrite dans le modèle conceptuel générique, qui guide tous les groupes de travail travaillant sur les thèmes des annexes II et III.

L’analyse des enquêtes sur les matériaux existants fournis par les SDIS/LMO au JRC a été répartie entre les différents experts du groupe de travail. Dimitri étant « Editeur », responsable de rédaction du groupe de travail, a plutôt synthétisés le résultat de ces différentes analyses afin de mettre en place les versions successives du modèle de données et du document de spécifications.

Les rencontres du groupe de travail sont de deux types :
– Conférences téléphoniques tous les 15 jours en moyenne
– Réunions physiques, hébergés par l’organisation dont fait parti l’un des membres du groupe de travail (ou au cours de manifestations organisées par le JRC).


Synthèse des besoins

Prendre en compte les données/nomenclatures existantes afin de les échanger et de les comprendre :
– Données CORINE LC,
– Nomenclatures spécifiques (nationale, régionale ou institutionnelle développée pour satisfaire un besoin précis).

Faciliter le suivi des évolutions :
– Suivi de l’étalement urbain et des mutations urbaines,
– Suivi d’indicateurs environnementaux (zones humides, mutations des zones naturelles en zones artificialisées, …).

Permettre de véhiculer des données précises
– Précision géométrique : possibilité de diffuser des données à grande échelle (INSPIRE est multi-échelle). Le modèle doit aussi bien permettre de véhiculer des données à petite échelle (niveau européen) que des données à très grande échelle (par exemple, au niveau de la parcelle)
– Précision sémantique : possibilité d’utiliser des nomenclatures plus précises que CORINE LC et de décrire les surface par des données complémentaires à l’aide d’un langage commun.

Croiser les données pour établir des corrélations (relations hommes/milieux naturels)

Exemple de bonne pratique européenne : Corine Land Cover
A noter que le coordinateur et 3 membres du groupe de travail OCS ont travaillé sur ce projet.
La BD Carto de l’IGN reproduit les tâches urbaines à partir de la version 1990 de Corine Land Cover.

Exemples de données de référence en France
La part ex-IFN de l’IGN gère la couverture végétale du territoire (cultures et vignobles n’en font pas partie)

Le RPG, Registre Parcellaire Graphique, créé pour la politique agricole commune, et renseigné par les agriculteurs concernés, répertorie toutes les cultures bénéficiant d’aides sur le territoire.

Depuis fin 2010, le Geoportail affiche la Cartographie de l’occupation des sols de la Région PACA réalisée par le CRIGE en 2006, sur la base de traitements d’images satellitaires, d’après la nomenclature européenne CLC Corine Land Cover, mais adaptée aux spécificités régionales.

Décisions importantes
1) Mettre en place un modèle flexible permettant de faciliter les échanges des données d’occupation du sol au niveau européen
– Possibilité de véhiculer des données classifiées de type Corine Land Cover
– Possibilité de véhiculer des données génériques, suivant une classification nationale, locale ou institutionnelle décrite à l’aide d’un langage commun
– Possibilité d’ajouter des informations complémentaires (en plus d’un code de classification); par exemple, % précis de couverture en feuillus, sable, bâtiment; indication de taille des arbres, âges, espèces…
– Pas de définition de nouvelle nomenclature de dimension européenne : une nomenclature plus précise répond à un besoin spécifique et est dépendante de la région géographique.

Légende de Corine Land Cover

Le modèle CORINE LC de hiérarchisation des Code List est l’exemple d’un schéma souple à 3 niveaux où chacun peut trouver des désignations précises. Le premier niveau a 5 classes :
– Forêt et milieux semi-naturel
– Zones humides
– Eau
– Terres artificialisées
– Terres agricoles

Sur le 2e niveau, la « Forêt et milieux semi-naturels » est divisée en 3 :
– Forêts
– Espaces verts
– Dunes, plages

Sur le 3e niveau, Forêts est divisée en types.

2) Choix d’un modèle permettant de suivre l’évolution de l’occupation du sol
– Possibilité de diffuser des données de différentes dates en un même jeu de données
– Possibilité d’associer des donnés temporelles à un niveau plus fin
– au niveau des codes de classification
– au niveau des informations complémentaires

3) Informations d’occupation du sol portées par des surfaces (exclusion des données ponctuelles et linéaires, par exemple les données LUCAS)

4) Utilisation du modèle des couvertures GML (GML for coverages) mis en place par l’OGC par le groupe de travail (Web Coverage Service)